En 2013 -Mobiliser les candidats aux élections locales sur l’adaptation au changement climatique

 

Les projections scientifiques les plus récentes indiquent un réchauffement climatique médian de 3,4°C sur le continent africain d’ici 2100. Ce réchauffement aura pour conséquence une diminution de la pluviométrie dans la plupart des régions, une démultiplication des évènements extrêmes, violents et imprévisibles comme les sécheresses et les inondations, et une élévation du niveau de la mer dégradant les conditions de vie dans les zones côtières. Récemment, deux rapports[1] de la Banque Mondiale ont illustré les impacts dramatiques d’un changement climatique entre 2 et 4°C, notamment pour l’Afrique subsaharienne. D’ici 2030, le stress hydrique affectera 40% des terres actuellement utilisées pour cultiver le mais, et dégradera les terres sahéliennes qui accueillent aujourd’hui de nombreuses communautés agropastorales. D’ici 2050, une majorité de la population pourrait être en situation de malnutrition.

Actuellement, la planète s’est déjà réchauffée d’environ 0,6°C, et les impacts de ce changement sont déjà visibles, notamment dans les pays d’Afrique subsaharienne déjà fragilisés par la pauvreté et la dégradation environnementale. Chaque sécheresse et chaque inondation ont des répercussions sur la vie économique locale, par exemple sur l’état des récoltes et la disponibilité en eau, et a fortiori, sur la sécurité alimentaire.

Dans ce contexte,  les projets, programmes et politiques d’adaptation vont jouer un rôle important dans la capacité des communautés à faire face aux impacts du changement climatique, et augmenter la durabilité des projets de développement. Les projets d’adaptation auront aussi pour vocation d’éviter les activités qui augmentent la vulnérabilité. Il est essentiel de planifier l’adaptation aux changements climatiques pour pouvoir mieux anticiper les évènements extrêmes et réduire la vulnérabilité des communautés. Parce que les communautés locales savent mieux que quiconque quelles sont leurs difficultés et leurs capacités, le Réseau Climat & Développement est convaincu que c’est d’abord au niveau local – rural et urbain – qu’il faut planifier les solutions pour confronter et anticiper les impacts du changement climatique. L’objectif n’est pas de repartir de zéro mais de renforcer les plans existants afin qu’ils tiennent compte des changements climatiques et soient en mesure de s’y adapter.

Planifier l’adaptation localement n’est pas toujours évident – les structures institutionnelles ne sont pas toujours adaptées, les acteurs ne sont pas toujours informés/sensibilisés ou encore, n’ont pas les capacités d’en tenir compte. Il faut souvent revoir les priorités sectorielles à la lumière de la problématique climatique, lancer un travail technique pour étudier la vulnérabilité, et enfin hiérarchiser les options d’adaptation dans le cadre d’un budget trop souvent limité. Souvent, même lorsque l’adaptation est formellement inscrite dans le plan local, elle ne fait pas l’objet d’actions concrètes dans le plan d’investissement, faute de soutien politique local ou de prise de conscience de l’urgence de prévenir les catastrophes socioéconomiques et humaines liées au changement climatique.

C’est dans ce contexte que l’ONG AFHON Togo travaille pour accompagner les autorités locales dans la gestion des risques et vulnérabilités climatiques.

Contexte

Depuis 1998, le processus de décentralisation est enclenché au Togo. En 2007, la loi sur la décentralisation est adoptée mais tarde à se concrétiser. Une étude menée par la Concertation Nationale de la société civile (CNSC) dans 21 des 35 communes du pays révèle que la plupart de ces communes n’ont pas de plan de développement communaux à l’exception de quelques-unes comme Kpalimé, Atakpamé etc… L’analyse des plans existants révèle que la dimension environnementale est négligée et la composante CC n’est pas prise en considération.

Après les élections locales, prévues cette année, les Maires, élus locaux, responsables des collectivités, cadres municipaux seront appelés à élaborer des PDC pour leurs communes respectives de concert avec les populations de ces communes et ONG locales.

Chaque commune sera donc dotée d’un PDC et il est un risque que ces plans soient élaborés sur la base des modèles existants qui n’intègrent pas les CC.

Objectifs

Il s’agit d’accroître la prise de conscience des acteurs locaux et élus locaux afin qu’ils s’engagent à intégrer les CC (projets d’adaptation et d’atténuation des risques climatiques) dans le PDC de la commune d’Atakpamé.  Le projet vise à influencer positivement la politique de développement dans la région des Plateaux en amenant les autorités communales et les populations locales à intégrer les CC dans les PDC.

Plus concrètement, il s’agit de venir appui aux efforts de formation des communes déjà entrepris par l’Union des Communes du Togo (UCT-Togo) pour renforcer les capacités des communautés et des élus.

Groupes-cible

  • —  Les Maires et conseillers communaux;
  • —  L’Union des Communes du Togo (UCT)
  • —  les responsables des Comités Communaux de Développement (CCD)/Comités Préfectoraux de développement (CPD), des Comités de développement de Quartier (CDQ) (ils jouent un rôle important dans la vie des communautés).
  • —  La chefferie traditionnelle;
  • —  les services étatiques déconcentrés concernés (les agents techniques notamment qui restent stables malgré les changements politiques)
  • —   les ONGs environnementales locales (y compris les associations de femmes) et
  • —  la population locale.

Activités prévues

  •        guide d’élaboration des PDC
  •        ateliers de renforcement de capacité
  •        émissions radio en français et langue locale
  •        mise en place d’un cadre de concertation local
  •        visites, réunions pour informer les communautés locales et les agents techniques

 

Les travaux écrits et présentés

Quelles évolutions mondiales dans les CC?

 Les impacts du CC au Togo

Quelle place pour le CC dans les cadres de développement au Togo?

Un guide pour la planification face aux CC

 

Aller plus loin

 

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