2012 – Mobiliser les décideurs maliens sur les financements innovants

 

Pourquoi mobiliser plus de financements climatiques? 

 

Les changements climatiques posent un défi de taille comme barrière au développement dans un très grand nombre de pays les plus pauvres et les plus vulnérables et particulièrement les pays au sud du Sahara. Accéder à une économie à faible émission de carbone et résiliente au climat demande qu’on consacre de considérables ressources financières aux mesures d’adaptation et d’atténuation dans les pays en développement

Alors que l’Afrique continent oublié presque à la limite de la méprise ne contribue à l’émission globale des gaz à effets qu’à une proportion très moindre soit dans l’ordre de quatre pour cent, elle connait un financement climat inapproprié à l’ampleur des dommages qui lui sont causés.

Elle est déjà la plus affectée par l’insuffisance de ses capacités à faire face et risque de l’être encore beaucoup plus selon le GIEC et les nombreuses revues et littératures qui étudient et évaluent les questions des changements climatiques.

Les finances climats existants se caractérisent non seulement par leur fragmentation mais également leur inégale répartition entre les pays les plus vulnérables et aux communautés les plus vulnérables Selon www.climatefundsupdate.org, L’Afrique subsaharienne toute entière représente seulement 35% des financements internationaux et multilatéraux, et seulement 25% des financements sont déboursés pour l’adaptation

La répartition géographique des financements climat multilatéraux et bilatéraux. Très peu des financements sont affectés à l'Afrique, selon www.climatefundsupdate.org

La répartition géographique des financements climat multilatéraux et bilatéraux. Très peu des financements sont affectés à l’Afrique, selon www.climatefundsupdate.org

L’Afrique a besoin de beaucoup plus de financements en sus de ceux consacrés au développement pour faire face à ses besoins réels d’adaptation aux effets pervers des changements climatiques qui plongerait les pauvres des pays pauvres et vulnérables chaque jour davantage dans les profondeurs noirs de la pauvreté et de la misère si des actions immédiates, concrètes et rapides ne sont pas engagées. Ils doivent être nouveaux, additionnels, prévisibles, automatique et suffisants…TTF

Les décideurs africains doivent rester unis, se mobiliser et faire entendre leurs voix en faveur des mécanismes de financements innovants et la mobilisation des ressources nécessaires pour financer efficacement l’adaptation aux changements climatiques. Pour en savoir plus sur les financements innovants, visitez notre page sur l’urgence de financer la lutte contre les changements climatiques

 

Pourqoi le Mali doit se mobiliser?

 

La vulnérabilité climatique du Sahel. A l’instar de tous les pays sahéliens, le Mali – classé parmi les 10 plus pauvres de l’Index de Développement Humain – vit les effets néfastes des Changements Climatiques (CC) avec acuité  et grandes difficultés dû non seulement à sa situation géographique défavorable mais également la très grande limite de ses capacités à y faire face. En effet, le nord du Mali subit l’avancée rapide et terrifiante du désert sur une vaste étendue peu peuplée, avec une conséquence prévisible de l’ensablement du fleuve Niger, des mares et des lacs. Le Sud et plus particulièrement autour des centres urbains, la pression sur les ressources encore disponibles s’accentue de manière inquiétante. On observe une irrégularité au niveau des précipitations et de leur répartition spatio-temporelle, des températures de l’air de plus en plus élevées, des épisodes de sécheresses et d’inondations plus fréquents, une diminution des apports en eau par les grands fleuves, une dégradation notable des terres, et une plus grande fragilité des écosystèmes.

Ces changements climatiques menacent en premier lieu le secteur primaire, l’agriculture, l’élevage, la pêche et l’exploitation des forets, qui sont  des secteurs clefs pour l’économie et la sécurité alimentaire du pays. Déjà, et d’une façon très visible, les ressources en eau ont diminué, la faune et la biodiversité sont fragilisées. L’économie du Mali est d’autant plus exposée aux risques climatiques puisque son activité principale, l’agriculture, est très sensible aux variations climatiques, à la sécheresse, aux pluies et intempéries imprévisibles. Ainsi, le changement climatique affecte également la lutte contre la pauvreté puisque la baisse de rendement des productions agricole affecte 80% de la force de travail national et 45% du PIB, ainsi que la sécurité alimentaire pour l’ensemble de la population. Aussi, la vie des populations au Mali est tributaire de ces changements.

Le coût de l’adaptation au Mali. Dans le contexte du Mali, l’adaptation est définie comme l’ensemble des mesures nécessaires pour faire face aux impacts négatifs des changements climatiques ou pour en exploiter les effets positifs. Compte tenu de l’extrême vulnérabilité du pays aux effets négatifs et imprévisibles des changements climatiques face à l’absence d’ambitions réelles des pays développés et émergents à diminuer leurs émissions de GES, les estimations sont difficiles à obtenir. Selon  une étude de la Direction Nationale de la Météorologie du Mali produit en 2009, la mise en œuvre du Plan d’Action National pour l’Adaptation (PANA), le PDES (Programme de Développement Economique et Social) et les actions d’atténuations prévues par la Première Communication Nationale devait coûter des dizaines de milliards de CFA entre 2007 et 2012. 

Le Mali, engagé sur les questions de financement. Conscient des risques climatiques, de leurs enjeux forts importants en particulier pour les pays en développement et de la nécessité d`une approche anticipée, intégrée, mondiale pour y faire face, le Mali a signé et ratifié la convention cadre des nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) en 1992 et en 1994. En 1999, le Mali a signé le Protocole de Kyoto puis l’a ratifié en 2002. Dans le cadre de la CCNUCC, les deux Communications Nationales en 2000 puis en 2011 du Mali ont fait apparaître la vulnérabilité du pays face aux changements climatiques et ses besoins importants en adaptation. Parallèlement, de nombreux projets issus du Programme d’Action National d’Adaptation aux changements climatiques (PANA) et du Programme de Développement Economique et Social (PDES) ont été engagés sur l’adaptation. Le Mali a également développé des projets de réduction d’émissions GES dans le cadre du Mécanisme pour le Développement Propre. Malgré ces efforts importants consentis ces dernières années, ils restent cependant très insuffisants, au regard de la pression croissante des changements climatiques et de leurs impacts négatifs vécus dans le pays.

C’est dans un souci de cohérence et d’efficacité et pour faciliter l’accès aux financements internationaux qu’en 2011, le Mali s’est doté d’une feuille de route solide en adoptant la Politique Nationale de lutte contre les Changements Climatiques dont la Stratégie Nationale de mise en œuvre se  décline en 148  actions concrètes : 40% des actions ciblent l’adaptation, 20% l’atténuation et 40% le renforcement des capacités et la bonne gouvernance. Le cadre institutionnel a également été renforcé Le Comité National des Changements Climatiques (CNCC), L`Agence pour Environnement  et le Développement Durable (l’AEDD) est également un maillon essentiel dans l’architecture institutionnelle. Créée en Juillet 2010 il assure le secrétariat permanent du CNCC. Il est l`organe exécutif chargé au nom du gouvernement (Ministre de l`Environnement) du suivi et de l`évaluation de la mise en œuvre de la PNCC/SNCC et PANC.

Le Mali a annoncé la création d’un Fonds Climat Mali (voir encadré ci-dessous) pour héberger et redistribuer les financements climat. Il a comme objectif fondamental la mobilisation  et l’accès direct aux financements internationaux climats en assurant un degré de transparence de la gestion fiduciaire répondants aux normes internationales. Sa gestion est confiée aux Système des Nations-unies (Multi-Donor Trust Fund Partnership du PNUD) pour une période intérimaire servant au renforcement des capacités nationales avant son transfert.

  • Le Mali est membre du Groupe Pilote sur les Financements Innovants et a déjà assumé la présidence tournante entre Janvier et Juillet 2011. A cette occasion, le Mali a notamment organisé un événement parallèle de haut niveau en marge de la Conférence d’Istanbul pour les PMA (9 mai 2011) en vue de plaider la cause des financements innovants.  Au terme de la 9ème Session Plénière du Groupe Pilote tenue à Bamako du 24 au 25 juin 2011, la déclaration de Bamako fut adoptée et le Mali, en compagnie d’autres pays africains, a signé leur adhésion à l’instauration d’une taxe sur les transactions financières.
  • Le Mali a créé la contribution de solidarité en février 2008 qui consiste à taxer les vols internationaux. En deux ans, le Mali a récolté près de 1 million US et versé plus de 110 000 USD au Fonds UNITAID en 2010.
  • Le Mali envisage de créer d’autres taxes innovantes : taxe écologique, taxe foncière, taxe d’utilisation du réseau des Télécommunications publiques.

Quel rôle à jouer pour le Mali dans la mobilisation des financements innovants? Déjà leader sur ce sujet et reconnu comme tel par la communauté internationale, le Mali aurait tout intérêt à se mobiliser pour la création de financements innovants pour le climat. En outre, le Mali joue un rôle politique majeur dans la sous-région. Le Mali a fait montre d’un engagement historique en matière de financements innovants et de changement climatique et a joué un rôle clé lors de sa présidence de la CMAE qu’il a assurée pendant les deux dernières années, présidence et qui lui a donnée l’honneur et le privilège de coordonner les actions des pays africains aux deux dernières COP (COP16 et COP17). Au titre de ses engagements et de son rayonnement politique, il apparait essentiel que les responsables politiques et administratifs s’engagent résolument pour la défense des financements innovants pour le climat.

Un atelier pour sensibiliser les décideurs maliens

 

En juillet 2012, Amade Pelcode Mali a organisé un atelier pour présenter les financements innovants et appeler les décideurs maliens à les soutenir.

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Lire le Rapport de l’atelier à Bamako sur les financements climat

Les retombées médiatiques au Mali

 

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Ecouter l’Extrait radio sur les financements climatiques

 Pour aller plus loin

 

Pour en savoir plus sur les financements innovants, visitez notre page sur l’urgence de financer la lutte contre les changements climatiques

Pour lire notre Etude Afrique et financements innovants

 Pour découvrir des campagnes similaires au Togo et au Sénégal

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