Un rapport sur l’impact du changement climatique en Afrique

Capture d’écran 2013-06-24 à 17.21.49

Communiqué de presse conjoint du CAN Afrique de l’Ouest

19 juin 2013, Dakar. La production alimentaire en Afrique de l’Ouest sera frappée par des vagues de chaleur plus extrêmes et plus fréquentes et des sécheresses si le climat continue à changer au rythme actuel, selon un nouveau rapport publié par la Banque mondiale aujourd’hui.

Le rapport intitulé, Turn Down the Heat – Climate Extremes, Regional Impacts and the Case for Resilience – analyse en profondeur ce que le changement climatique signifie pour l’Afrique subsaharienne. Il compare les impacts sur la région si le réchauffement se poursuit au rythme actuel, avec les impacts si les gouvernements limitent avec succès la hausse moyenne de la température mondiale à 2 ° Celsius.

Sans même éliminer entièrement le risque, si la hausse de la température est maintenue au-dessous de 2 ° Celsius et que des plans globaux pour l’adaptation des communautés au changement climatique sont mis en place, une grande partie des pires impacts peut être évitée.

Cependant, même à 2 ° C, les efforts de réduction de la pauvreté et la croissance économique pourraient s’effondrer dans la région tout comme les rendements des cultures qui vont chuter et les problèmes d’accès à l’eau qui vont s’aggraver, a indiqué Emmanuel SECK, Coordinateur du Réseau Action Climat en Afrique de l’Ouest.

Par exemple, le rendement moyen de l’ensemble des cultures devrait baisser de 11 % à 2 ° C. Cela devrait doubler pour atteindre plus de 20 % si le réchauffement atteint 4° C. En outre, la durée de la période de croissance devrait également baisser de 20 % dans l’ensemble de la région.

Au même moment, les moyens de subsistance des familles dépendantes de la pêche sont également menacés. Le Sénégal est classé parmi les pays les plus vulnérables aux impacts du changement climatique concernant la pêche. Selon la Banque mondiale, le réchauffement des océans signifie qu’il y aura moins de poissons et ceux qui vont subsister seront plus petits.

Une hausse des températures signifie également que moins de bétail pourra être maintenu sur les terres du Ferlo dans la région nord du Sénégal, car il y aura moins de pâturage et moins d’arbres. Plus précisément, avec un réchauffement de 3 ° C, les savanes subsahariennes et les prairies dans lesquelles de nombreuses communautés paissent leur bétail, vont diminuer à un septième de leur surface actuelle. Cela engendrera d’énormes conséquences pour ceux dont la survie dépend de cet écosystème.

«Ce rapport met en évidence la menace du changement climatique sur les résultats durement acquis en matière de développement dans cette région au cours des dernières années», a dit SECK. « L’Afrique a besoin du soutien de la communauté internationale pour adopter une approche de développement sobre en carbone qui soit compatible avec la satisfaction des droits de l’homme et des besoins de développement de sa population et par conséquent nous rappelons aux pays développés qu’ils doivent respecter leurs engagements en termes d’atténuation et de financements. »

Un changement climatique de 2 ° C conduirait à une santé moins bonne pour de nombreuses personnes en Afrique subsaharienne. Une augmentation de la malnutrition, un retard de croissance chez les enfants, le paludisme et d’autres maladies pourraient aussi influer sur la capacité des enfants à recevoir une éducation.

Le Réseau Action Climat-Afrique de l’Ouest appelle les gouvernements africains à mettre en place des stratégies de développement sobre en carbone et résilient, afin de contribuer à réduire les impacts du changement climatique sur leurs populations.

Ce contenu a été publié dans Homepage, Presse, avec comme mot(s)-clé(s) , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.