Adaptation de l’oasis de Béni Abbes face au changement climatique

Le projet en bref. Dans les zones arides considérées par le GIEC comme des milieux à « haut risque » en termes d’impact du changement climatique, la création d’une oasis est indispensable pour permettre une gestion efficace des ressources naturelles, en particulier l’eau, et pour assurer une production agricole conséquente. L’oasis traditionnelle favorise l’instauration d’un microclimat interne permettant d’optimiser l’espace dans un milieu où les terres fertiles sont rares. Les oasis constituent une solution à l’adaptation au changement climatique tout en contribuant à la lutte contre la pauvreté. Un projet de proximité de développement rural de l’oasis de Béni Abbes en Algérie a été mis en œuvre en vue d’améliorer les pratiques d’irrigation et de conduite des cultures. 

Vue d'une oasis

Un programme national de développement agricole et rural dans la vallée, mis en œuvre par les Amis de la Saoura dans l’oasis. C’est en Algérie dans la vallée de la Saoura au sein de l’oasis de Béni Abbes qu’un programme national de développement agricole et rural engagé par l’Etat algérien est venu en appui au projet de proximité de développement rural de l’oasis de Béni Abbes. Ce projet avait pour objectif l’amélioration des pratiques d’irrigation et de conduite des cultures. Il a été mis en œuvre par l’Association des amis de la Saoura grâce aux financements de la Commune, la Wilaya de Béchar, la direction des services agricoles de la Wilaya et la GIZ.

 En amont, un diagnostic participatif. Un diagnostic participatif a été mis en place avec les agriculteurs pour analyser le système existant. De ce diagnostic, les agriculteurs se sont mis d’accord pour mutualiser leur droit d’eau au sein d’un bassin collectif et de mettre en place une gestion rationnelle de l’eau basée sur les besoins des plantes et les principes de l’économie de l’eau. La gestion collective de l’eau est commune à l’ensemble des oasis mais basée sur un modèle ancestrale qui aujourd’hui entraine dans certaines oasis des limites pour l’irrigation des parcelles. Le principe de la gestion de l’eau basée sur le besoin des plantes est également innovant en milieu oasien qui traditionnellement irrigue les parcelles par submersion.

 Un système d’irrigation amélioré. Le projet a permis de mettre en place un bassin de stockage de l’eau (300 m3), ainsi que 800 m de séguia et la réhabilitation de 450 m de conduite d’eau. Le système d’irrigation a été amélioré par l’exploitation du bassin en commun, une réduction des pertes d’eau grâce à la réfection des conduites d’eau et à la réalisation de 800 ml de séguias à travers les jardins.

 LES IMPACTS

Une meilleure gestion de l’eau pour protéger l’oasis et faire face aux impacts futurs du changement climatique. En améliorant le système d’irrigation et en réhabilitant les conduits d’eau, la commune a réduit les pertes en eau et stocké de l’eau en prévision des périodes plus sèches, permettant ainsi d’économiser l’eau et garantir le maintien des oasis en périodes plus sèches.

Une participation effective des oasiens. Par ailleurs, en favorisant la participation de toutes les parties prenantes, le projet a permis de renforcer l’esprit communautaire localement et on observe un changement profond des habitudes dans le concept de distribution et d’utilisation de l’eau. Tout ceci a permis de préparer l’oasis à la raréfaction de la ressource en eau en limitant le tarissement de la nappe qui fait vivre l’oasis et les oasiens, et par conséquent augmenter la résilience de ces territoires.

Une productivité renforcée. En arrachage et remplaçant plus de 200 palmiers improductifs avec 200 arbres fruitiers, la commune a créé de nouvelles sources de revenu et d’alimentation.

FACTEURS DE SUCCES/REPLICATION

Le rôle clé des agriculteurs dans le succès de ce type de pratique. Ce processus est relativement simple mais il se base essentiellement sur la volonté des acteurs d’accepter ce changement. Les principaux acteurs de cette pratique sont les agriculteurs qui sont en même temps les bénéficiaires. C’est à l’initiative de l’association que les agriculteurs ont participé au diagnostic mais c’est à l’initiative de ceux-ci que l’innovation a été apportée. Il est donc essentiel de recourir à des processus participatifs pour garantir l’inclusion des parties prenantes de l’oasis.

L’importance des politiques publiques pour financer la protection des oasis. Il est essentiel que l’Etat s’empare de ces problématiques pour appuyer la résilience des oasis et l’adaptation des populations oasiennes aux impacts du changement climatique. Le projet s’inscrivait dans un programme national de développement rural et agricole, facilitant la mobilisation des financements et la mise en œuvre du projet.

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